Un peu de sel sur mes joues , quelques goutes au coins de mes yeux .Une confusion certaine et permanente dans ma tête .Un dernier regard en arrière et je prends mon élan pour enfin partir en courant sans me retourner . Le vent me fouette le visage , emportant tout sur son passage dans un fatras destructeur; mes larmes brulent mes joues. Puis , je chute et inexorablement , je met fin à ma fuite .Rattrapée par mes souvenirs . Rattrapée par mes regrets .A jamais retenue ici bas . Sans jamais pouvoir oublier . Obligée de regarder la vérité en face pendant qu'elle vous poignarde cruellement et vous arrache lentement le c½ur .
Elles roulent , roulent , s'écrasent au sol bien vite remplacées par d'autres tout aussi empressées de me torturer avant de mourir également . Que leur fin est douce .
Une lente agonie s'éprend de moi , me faisant sienne un peu plus à chaque instant . Et moi, pauvre conne , je ne peux que lui cédée , faible et bien trop lâche pour la repousser . Oh que je la hait ! Oh que je me hais .
Crache sa rage au pied du miroir . S'arrache les cheveux en appelant à l'aide . S'insurge pour qu'on la laisse tranquille . Pauvre fille . Pauvre pute .
Incapable tout simplement de ne plus regarder en arrière . Refusant obstinément d'arrêter de croire . Ne sachant plus écrire que par ces mêmes saccades qui secouent son pauvre corps torturé par un esprit malade .
Face contre terre , la joue sur le goudron , mes lèvres sur le trottoir ; Je me redresse un énième fois , sécrétant toujours autant de sel .
Rejetant la tête en arrière , je sens les larmes du ciel pleurant ma connerie profonde . Et , un air fou sur le visage éclate de rire . Un son strident et gutturale , sans joie .
Il pleut et moi je rit , pauvre putain un peu folle .